Après la seconde guerre mondiale, dans un contexte artistique marqué par le développement de l’art brut ou informel, nombre de photographes s’engagent dans une célébration de la matière elle-même.
En 1956, Pierre Cordier invente le chimigramme, une technique qui en pleine lumière et sans agrandisseur, combine la physique de la peinture (vernis, cire, huile) et la chimie de la photographie (révélateur, fixateur).
Membre éminent du renouveau de la photographie expérimentale allemande d’après guerre, Heinz Hajekhalke s’engage à la même époque sur les voies de l’abstraction photographique.
Utilisant des techniques très différences comme le collage ou le recouvrement pictural de la surface photographique, l’artiste anglais Nigel Henderson réalise aussi à cette époque quelques expérimentations matériologiques. Après la série des graffitis, entamée dans les années 1930, Brassaï poursuit sa longue enquête sur les murs des villes. Fasciné par la richesse des textures et des structures de ces surfaces défraîchies, écaillées, fissurées, il s’adonne inlassablement à ce que le philosophe Gaston Bachelard décrivait colle des « rêverie sur la matière.